Une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux affirme que la monnaie commune de l’Alliance des États du Sahel (AES) sera mise « en circulation d’ici mars 2026 », abandonnant ainsi le franc CFA. A cette date, aucun calendrier n’a été formellement communiqué par les instances officielles de la Confédération. Explications.
« La Confédération Alliance des Etats du Sahel (AES) prévoit de sortir du franc CFA afin de créer sa propre monnaie. C’est en tous cas ce qu’a laissé entendre Bassolma Bazié, président de la Commission nationale burkinabè de la Confédération AES lors d’une vidéoconférence ».
C’est ce qu’on entend dans une vidéo d’une minute et 14 secondes postée le 14 juillet par la page X « je suis contre l’injustice ». La publication est accompagnée du commentaire : « Je vous ai dit que les nouvelles monnaies de l’AES seront mises en circulation d’ici mars 2026. Adieu le FCFA, cette monnaie coloniale héritée de la France ! ».
La vidéo a rencontré un certain écho sur la plateforme, cumulant plus de 33 000 vues et près de 170 partages en seulement deux jours. Elle a ensuite été relayée sur Facebook.
Aucun calendrier communiqué par les autorités
Cependant, après vérification par l’équipe de Doniblog, aucune instance officielle de l’AES n’a, au moment de la rédaction de cet article, annoncé de calendrier précis concernant l’introduction d’une nouvelle monnaie. Et les médias professionnels ou publics des trois pays membres de l’AES – Mali, Burkina Faso, Niger – n’ont par conséquent relayé aucune information officielle allant dans ce sens.
D’après le Traité portant création de Confédération des Etats du Sahel, à son article 11, l’ instance suprême habilitée à prendre la décision de créer une monnaie de l’AES est le Collège des Chefs d’État, dont les décisions « qui ont un caractère normatif sont applicables dans les États membres confédérés après leur réception dans l’ordre juridique interne, selon les procédures propres à chaque État. ».
Ce collège, actuellement présidé par le général d’armée Assimi Goïta, président malien de la transition, n’a fait aucune communication publique à ce sujet.
Cette rumeur à la peau dure apparaît, cette fois-ci, dans un contexte de tensions au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le 12 juillet, les représentants des États membres de l’AES ont quitté la deuxième session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de cette organisation faute d’accord sur la désignation du Burkina Faso à la présidence tournante du Conseil. Ce qui alimente l’idée que les pays de l’AES pourraient envisager de quitter l’Uemoa, comme ils ont quitté la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Mais ce n’est pas encore le cas.
Par Jean-Marie Ntahimpera




