Loin d’être uniquement des espaces de divertissement, de socialisation et de débats politiques, les médias sociaux deviennent de plus en plus, des plateformes d’apprentissage, élargissant progressivement les frontières d’accès au savoir universel. Pour une jeunesse malienne hyper connectée, l’enjeu est de les faire découvrir les opportunités immenses qu’offrent ces médias, au-delà du fun.
Avec un smartphone en main, un jeune malien assis au grin, circulant dans la rue ou étant dans la cour de l’école, se connecte et voit circuler sur son petit écran, un tas d’informations. Dans une société jadis conservatrice, fortement attachée aux valeurs traditionnelles d’apprentissage et d’éducation, les médias sociaux sont perçus comme une nouveauté ayant distrait une jeunesse de plus en plus déconcentrée et influencée par des réalités de vie, venues d’ailleurs. On ne retient de ces plateformes que rires, jeux et divertissements. Selon Konatech, une agence de marketing digital et de communication basée au Mali, en 2024, le Mali comptait environ 8 millions d’internautes. 78% de ces internautes utilisent les réseaux sociaux. Ce pourcentage grimpe à 95% chez les jeunes âgés de 18-34 ans. La jeunesse constitue donc le moteur de la consommation des médias sociaux au Mali.
Pour de nombreux parents et acteurs de la communauté éducative, les smartphones éloignent les enfants du cadre de l’école, mettant de côté cahiers et livres, pour se concentrer sur le fun envoûtant des médias sociaux. Pourtant, au même moment où certains jeunes subissent le fil d’actualité divertissant des médias sociaux, d’autres en font des leviers d’apprentissage, décrochant au rythme des connexions, des compétences théoriques et pratiques, que l’école classique offre à des coûts onéreux et dans un chronogramme de temps plus costaud.
Des bibliothèques et universités numériques
Les plateformes numériques offrent bien plus que du divertissement. Elles constituent désormais un écosystème éducatif complet, permettant de développer les connaissances acquises à l’école en se dotant de compétences recherchées sur le marché du travail. Boubacar Traoré est un professionnel de médias. Journaliste et redacteur en chef du site web de vérification de faits Kalux digital FM, Monsieur Traoré fait partie de ces jeunes maliens qui utilisent quotidiennement des médias sociaux, pour se former et gagner en compétences. De Google Garage à YouTube en passant par Tik Tok, il considère les médias sociaux comme une véritable mine de savoirs. Avec lui, nous découvrons dans le domaine de la communication, des plateformes comme Facebook Blueprint qui forme aux métiers du marketing digital et de la publicité sur les réseaux sociaux, avec plus de 90 courts gratuits disponibles. Toutes les entreprises maliennes cherchent à se tourner désormais vers les réseaux sociaux et y acquérir une visibilité. Pour M. Traoré : « les formations Google, Facebook, HubSpot ou Openclassroom permettent de maîtriser les outils de promotion en ligne, une compétence désormais indispensable pour toute entreprise souhaitant se développer. »
Souleymane Diarra est un étudiant boursier malien, étudiant en informatique dans une université marocaine. Il a une connaissance large sur ces nombreuses plateformes qui offrent des opportunités de renforcement de capacités. Avec lui, nous découvrons l’existence de Khan Academy. Cette plateforme révolutionne l’apprentissage des mathématiques, des sciences et de l’informatique. Traduite en plusieurs langues, elle permet à des étudiants, de renforcer leurs bases académiques ou de découvrir de nouveaux domaines. La plateforme suit les progrès individuels et adapte le rythme d’apprentissage aux capacités de chacun. FreeCodeCamp et Codeacademy, des plateformes également, proposent des cours complets en développement web, applications mobiles et sciences mobiles. Amadou Maiga, quant à lui, a terminé ses études universitaires, en 2021. Il est bénéficiaire d’une formation certifiée en montage vidéo gratuite d’Orange digital center, une initiative du groupe Orange. Une opportunité qu’il a découverte sur la page Facebook de la plateforme. Orange digital center propose des formations gratuites sur le numérique dans au moins 17 pays africains. L’auteur de ces lignes, est lui-même, un fidèle d’une chaîne YouTube pour l’apprentissage de la langue anglaise : « AnglaisCours club » avec les professeurs Ben et Alban.
Des certifications
Bokar Kinta est un consultant en Marketing et Communication digitale. Il est l’un des jeunes Maliens ayant sûrement profité le plus du réseau social professionnel Lindekln, à travers Lindekln Learning. Lindekln Learning, est une plateforme de formation continue. Bien que principalement payante, elle offre régulièrement des cours gratuits et des périodes d’essai. « Sur Lindekln, je recherche des opportunités et je suis des formations. Quant à YouTube, je m’en sers pour suivre les nouvelles tendances et écouter des podcasts, en complément de plateformes comme Openclassroom ou Udemy », confie M. Kinta. A ce jour, il a obtenu plus de 50 certifications sur Lindekln Learning, dans des domaines comme le community management, l’intelligence artificielle générative, la création vidéo pour les réseaux sociaux, la communication en situation de crise, etc. Chacune de ces certifications, témoigne de compétences acquises et praticables immédiatement en cas de besoin, au service de tout demandeur.
Pour le journaliste Boubacar Traoré, il est bon de se divertir : « mais après le divertissement, il y a le travail. Les réseaux sociaux permettent de faciliter la prise de contact entre professionnels mais également de suivre des créateurs de contenus qui sont brillants dans leurs domaines. » Lui, qui dispose de nombreuses certifications, dont une en fact-checking obtenue auprès de Code for africa, a fait de la plateforme dont il est le redacteur en chef, une référence en matière de vérification des faits au Mali. Il invite la jeunesse malienne à tirer profit du potentiel de savoir que renferme les médias sociaux : « je suis sur un groupe Whatsapp où chaque semaine, on nous envoie un bouquin à lire », la preuve que les réseaux sociaux peuvent bien rimer avec apprentissage.
Par Lamissa Diarra
Cet article a été édité par Issouf Koné.




