Des enfants malades sous la main, des parents mobilisés avec de nombreuses dépenses à engager dans leurs soins, des centres de santé débordés de patients, voici entre autres manifestations du mal paludique dans nos communautés. Vaincre le paludisme, c’est transformer le quotidien de ces nombreuses familles, le plus souvent réparti entre consultations médicales et dépenses pour les soins de santé.
Au Mali, le paludisme représente la première cause de maladie recensée dans l’ensemble des structures de santé du pays, la première cause d’hospitalisation et de décès.
En 2022, les données issues de l’annuaire statistique local du système d’information sanitaire (SLIS) font état de 3.442.449 cas de paludisme grave et simple confirmés dans les structures sanitaires, représentant 20,6% de l’ensemble des cas de pathologies recensées.
Le paludisme dépasse de loin les autres maladies, avec 1.918 cas de décès dont 1.230 cas chez les enfants de 0 mois à 4 ans. Aucune autre maladie ne compte autant de cas diagnostiqués et de décès constatés sur l’ensemble du pays.
Face au mal endémique de la maladie, plusieurs recommandations et stratégies de prévention préconisées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont été mises en œuvre au Mali.
Moins d’enfants aux soins et de dépenses permanentes
Chaque dépense pour un mal de paludisme répété, est une dépense supplémentaire qui ruine des capacités de petite économie ou qui freine une possibilité d’épanouissement financier.
L’équipe de Doniblog s’est rendue au Centre de santé de référence (CSREF) de Kalaban-coro, une commune relevant du cercle de Kati. Au service de la pédiatrie, nous avons rencontré un chef de famille abattu, racontant être avec son troisième enfant dans le même centre de santé, en l’espace d’un mois : « tous ont été diagnostiqués de paludisme et avant eux, c’était leur maman qui en était victime. C’est très stressant pour un chef de famille. »
La maman de l’enfant, elle-même présente, affirme n’avoir pas eu droit à une période de convalescence avant que les enfants ne tombent successivement malades, à leur tour. « Ce n’est vraiment pas facile », lâche-t-elle, d’un souffle d’épuisement.
Ces témoignages sont malheureusement le reflet du quotidien au sein de nos communautés. On peut pourtant prévenir la maladie. Le vaccin contre le paludisme pourrait véritablement changer la vie de nos communautés, qui n’aspirent qu’à la santé et au bien-être.
Des centres de santé moins submergés
Le reflet que dégage nos centres de santé, surtout pendant les périodes de pics de transmission du paludisme (mois de juillet à décembre) inspire peine et désolation. Aussi bien dans les établissements sanitaires publics que privés, les sollicitations dépassent de loin les capacités d’accueil.
« Pour les pédiatres que nous sommes, la période de pic de transmission du paludisme, en particulier, est une période très redoutée. Pas de repos : la sollicitation est très forte. Des parents peuvent revenir avec un même enfant par deux fois. Malgré tous nos efforts pour secourir et soigner, nous sommes souvent incompris par des parents épuisés, peinés et sous pression. C’est difficile ! », témoigne un pédiatre au Centre de santé de référence de Kalaban-coro.
Pour lui, l’adoption massive du vaccin contre le paludisme par nos communautés, permettra de sauver les enfants de ces épisodes palustres répétitifs. « Ce vaccin montre déjà des preuves en peu de temps », salue-t-il.
L’impact sur la scolarisation et le développement de l’enfant
Des élèves qui tombent malades de paludisme et qui perdent des heures de cours : un tel scénario est devenu habituel au sein de nos écoles. Pourtant, une absence fréquente à l’école, c’est un rythme pédagogique régulièrement perturbé. D’ailleurs, les absences ne concernent pas seulement que les apprenants, mais aussi les enseignants ou le personnel de l’administration scolaire.
« Des enseignants sont souvent interrompus en plein cours, par des appels téléphoniques venant de la maison, leur signalant un ou des enfants malades. Et généralement, après des analyses médicales, c’est le paludisme qui est diagnostiqué », témoigne à son tour Aboubacar Cissé, directeur d’un établissement d’enseignement privé à Bamako.
Moins d’épisodes palustres dans nos communautés grâce au vaccin contre le paludisme, ce serait alors moins d’absences scolaires, des apprentissages mieux consolidés et des lacunes moins importantes.
Des témoignages des parents jugés satisfaisants
Dans le district sanitaire de Kalaban-coro, les témoignages des parents sur le vaccin contre le paludisme sont jugés satisfaisants. « Ceux qui ont reçu leur première dose de vaccin juste après le lancement national, sont actuellement à leur quatrième dose », informe M. Mahamadou Kebe, chargé de vaccination du district sanitaire sus-indiqué.
Il poursuit : « Les témoignages que nous recevons de nombreux parents sont très satisfaisants. Des enfants, qui ont subi plusieurs épisodes de paludisme par le passé, en connaissent désormais très peu maintenant, et même certains d’entre eux n’en ont plus connu jusque-là.
Des parents même nous arrivent avec des enfants qui ont dépassé la tranche d’âge préconisée en nous suppliant de les vacciner tellement qu’ils ont apprécié l’efficacité du vaccin mais nous les sensibilisons et leur faisons comprendre qu’il y a une limite d’âge qui est fixée. » Ce témoignage traduit une chose : le Mali écrit une nouvelle page dans la lutte et la prévention contre le paludisme.




