Introduit dans le Programme Élargi de Vaccination (PEV) le 25 avril 2025, le vaccin R21 contre le paludisme a initialement suscité dans l’opinion une onde de méfiance. Les réseaux sociaux ont bruissé de rumeurs, transformant l’espoir scientifique en objet de suspicion.
Adama, enseignant et père de famille, incarne le parcours de la méfiance à la confiance. Assailli par les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux concernant l’innocuité du vaccin, il a choisi de privilégier les faits. « Le doute est un instinct de protection naturel, confie-t-il, mais il ne doit pas faire obstacle à la vérité scientifique ».
En se rendant au Centre de Santé Communautaire (CSCom), ses craintes ont été dissipées par la pédagogie du personnel soignant. L’injection de la première dose s’étant déroulée sans incident, son appréhension a laissé place à une conviction inébranlable.
« Aujourd’hui, je suis devenu un relais d’information dans mon quartier. J’explique aux parents que le doute est humain et que l’action éclairée est un devoir parental. Ce qui veut dire que le doute doit aboutir à chercher à comprendre afin de mieux agir, et non se méfier sans raison valable », témoigne-t-il.
Le vaccin R21, un tournant décisif
Le paludisme demeure une réalité quotidienne qui pèse lourdement sur le système de santé malien. Contacté par Doniblog, le directeur régional de la Santé de Bougouni, Dr Ibrahim Gagna Diall, s’exprime sur sa gravité : « Le paludisme est la première cause de morbidité et de mortalité au Mali, avec un impact élevé chez les enfants de 0 à 5 ans chez lesquels la prévalence de la maladie s’élevait à 19 % en 2021. Cette tranche d’âge est la plus touchée dans le pays, et concentre le plus grand nombre de cas d’hospitalisations ».
Face à cette menace endémique, l’introduction du vaccin R21 marque un tournant décisif. Le vaccin contre le paludisme est d’ores et déjà déployé dans 19 districts sanitaires. Médecin généraliste et directeur technique du CSCom central de Dioïla, Dr Soumaïla Coumaré explique à Doniblog que « Le ciblage des 19 districts sanitaires répond à une approche rigoureuse, structurée autour de trois critères déterminants (épidémiologique, géographique et environnemental, et démographique) ».
En outre, il rappelle : « Tout vaccin destiné à l’usage humain est soumis à un protocole d’homologation d’une rigueur absolue, supervisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ». Donc pas de panique ! La protection de nos enfants est plus qu’un devoir parental. En choisissant la vaccination, nous ne leur offrons pas seulement une injection, mais leur assurons une protection efficace. Ce qui vient compléter un ensemble de moyens de prévention contre la maladie comme le précise le Docteur Soumaïla Coumaré, du CSCom central de Dioïla : « Le vaccin ne remplace pas les moustiquaires ou l’assainissement, mais les complète puissamment. »




